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Ayères
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Ag 13
QUEL REGARD PORTEZ-VOUS SUR LA SAISON ÉCOULÉE EN HAUTE-SAVOIE ? PEUT-ON DIRE QUE CE FÛT UNE BONNE ANNÉE ?
Lundi 20 avril 2026, nous avons réuni tous les acteurs du tourisme pour l’assemblée générale du Comité Départemental du Tourisme Haute-Savoie Mont-Blanc et oui, on peut considérer que c’est une très bonne saison. Et en tout cas, c’est ce que nous ont dit tous les acteurs du tourisme.
QU’EST-CE QUI A, SELON VOUS, LE PLUS MARQUÉ CETTE SAISON ?
Ce qui a marqué la saison, ce sont d’abord de très bonnes vacances de Noël, avec des taux de remplissage exceptionnels. On observe aussi une tendance avec un mois de janvier qui se consolide, notamment grâce aux clientèles étrangères. Autre point important : la résistance au ski de printemps, malgré le réchauffement climatique. Aujourd’hui, dès qu’il fait beau, les usages changent, les gens sortent au bord du lac, faire du vélo, passer la tondeuse. L’évolution du climat n’est plus très favorable au ski de printemps. Mais cette saison, il a plutôt bien résisté, mieux que dans d’autres départements. Enfin, malgré un épisode neigeux exceptionnel de 15 jours en février, notamment dans la vallée de Chamonix avec jusqu’à 3 mètres de neige et des remontées mécaniques fermées, nous enregistrons des chiffres qui, globalement, sont en progression. On enregistre +5,2 points au printemps, et +1,6 sur l’ensemble de la saison. Sachant que ces 1,6 points sont à comparer à des années déjà record, comme l’année dernière. Quand chaque année on bat des records, c’est que la tendance est bonne.

Enneigement Haute Savoie

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Combloux
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LE TOURISME EN HAUTE-SAVOIE RESTE-T-IL DÉPENDANT DES SAISONS OU ASSISTE-T-ON À UN VÉRITABLE RÉÉQUILIBRAGE ANNUEL ?
Depuis tout temps, le tourisme en Haute-Savoie a été caractérisé par un tourisme quatre saisons, avec deux très marqués : l’été et l’hiver. C’est lié à la fois à l’histoire du département, à la topographie et à l’altitude de nos stations de ski. L’objectif, c’est d’avoir un équilibre du poids du tourisme d’hiver par rapport au tourisme sur l’ensemble des autres saisons. Et cette tendance est en train de se réaliser, notamment grâce à l’attractivité de nos stations-villages. On vient à Noël pour l’ambiance, même sans ski. On est au milieu des sapins, on offre un cadre d’accueil des familles qui est quasiment unique en France. On a aussi des stations de haute altitude, comme le Grand Massif, les Aravis, les Portes du Soleil, Chamonix, la vallée de Chamonix. Et puis l’été, ces stations-villages sont aussi attractives, Combloux, La Clusaz, Châtel, Le Grand Bornand. Grâce à nos alpages, aux deux grands lacs, tout le réseau de petits lacs que nous avons et le développement du vélo, notamment avec les championnats du monde qui auront lieu l’année prochaine, on conforte une activité touristique estivale déjà très forte.
QUELLE EST AUJOURD’HUI VOTRE VISION DU TOURISME EN HAUTE-SAVOIE : CROISSANCE, RÉGULATION OU TRANSFORMATION ?
L’objectif est de stabiliser la fréquentation en haute saison et d’allonger les saisons au printemps et à l’automne. Le CDT n’essaye pas forcément d’amener plus de monde en haute saison l’été, à Chamonix, Evian ou Annecy, mais à valoriser d’autres territoires qui ont des capacités d’accueil qui ne sont pas saturées. On mise aussi sur les intersaisons, avec un climat qui évolue pour développer de nouvelles clientèles, de retraités, de séminaires économiques… Aujourd’hui, en Haute-Savoie, au mois de septembre jusqu’à mi-octobre, on a quand même un été indien. Et puis au printemps, dès le mois de mai-juin, on a quand même des températures agréables. On a énormément d’eau partout, on a des nuits fraîches et on a encore des paysages verts en plein été, là où, partout ailleurs, les cours d’eau sont à sec et l’herbe brûlée par le soleil.
QUELS ENSEIGNEMENTS TIREZ-VOUS POUR LES ANNÉES À VENIR FACE AUX ÉVOLUTIONS CLIMATIQUES ?
Sur les stations de haute altitude, il restera du ski et on parie encore dessus. Sur les stations de basse altitude, on les accompagne vers une reconversion progressive, on ne les abandonne pas. Cela passe par le développement d’activités nature, du vélo, de l’eau, mais aussi par un positionnement autour de la famille. On a aussi la chance d’être un département avec une histoire patrimoniale et culturelle du fait de son positionnement. Et puis on a la montagne, qui a été le refuge pour lutter contre certaines maladies, comme la tuberculose. On a abrité parmi les plus grands artistes de la planète, venus se faire soigner en Haute-Savoie, laissant derrière eux tout un tas de lieux patrimoniaux, historiques.
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